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Bonne lecture!
Agriculture

Etiquetage OGM en France: la grande arnaque


Photo de Revue Bio

L’Europe est sûrement l’endroit au monde où la régulation des OGM est la plus restrictive. Il faut reconnaître qu’en comparaison avec les USA ou le Canada (entre autres), nous ne sommes pas à plaindre. Aujourd’hui, en France, le consommateur éclairé peut théoriquement  choisir ou non de consommer des produits OGM. Oui car aussi drôle que cela puisse paraître, certaines personnes se régalent de ces produits.

Cela me rappelle Mme Britta Reimers, eurodéputée allemande du parti libéral FDP, pro-OGM assumée, qui a déclaré lors d’une réunion à laquelle j’étais conviée en décembre 2010 : « La semaine dernière, moi et des amis pro-OGM du Parlement avons organisé un goûter aux OGM : un magnifique buffet, que des produits OGM ! ». Lorsque nous, participants, lui avons demandé la raison de cette mise en scène, elle a avoué que le but premier était de choquer, d’alerter, et de montrer que non, ils ne sont pas morts le lendemain des suites de leur goûter festif.

Voilà pour la petite histoire. Revenons-en à nos moutons. En Europe et en France, la législation concernant les OGM semblerait parfaitement adaptée et sécurisée pour l’on s’en satisfasse. Mais comme précisé plus haut, le consommateur français peut « théoriquement » choisir entre un produit OGM et non-OGM. Car dans la pratique, c’est une toute autre histoire. Qu’est-ce qui fait défaut aux normes Européennes et françaises ?

– La logique d’étiquetage n’a pas été poussée à son maximum. Si la France est prête à étiqueter les produits de consommation, c’est qu’elle est prête à montrer une réalité. Or, il n’en est rien. Vous ne pouvez être informés de la nature des produits qu’en parcourant les rayons de votre supermarché, au moment de l’achat. Aucune liste officielle, aucun chiffre des produits OGM n’ont été publiés, ni par le gouvernement, ni par l’ANSES, (Agence Nationale de Sécurité sanitaire de Alimentation de l’Environnement et du Travail), ni par leurs amis. Heureusement, Greenpeace est là pour rattraper le tir et publie depuis 1996 un guide des produits avec ou sans OGM, régulièrement mis à jour. Une telle liste ne devrait-elle pas être officialisée par le gouvernement ? La logique d’étiquetage aurait dû conduire le gouvernement à une logique de transparence, ce qui n’est pas le cas.

–  « Le lait ou la viande d’un animal nourri avec des aliments génétiquement modifiés ne sont pas étiquetés comme produits génétiquement modifiés». Tout est dit sur le site interministériel du gouvernement sur les OGM. Le gouvernement insiste : « À cet égard, il faut rappeler que les données scientifiques actuelles indiquent que la présence d’OGM dans l’alimentation animale ne modifie en rien les caractéristiques des produits animaux ».  Il faut savoir que ces “données scientifiques actuelles”, introuvables par ailleurs, proviennent exclusivement d’agences soutenues par l’Etat. Heureusement, le Conseil National de la Consommation a autorisé en 2009 les industriels de l’agro-alimentaire à signaler via l’étiquetage des viandes, oeufs, et produits laitiers, que leurs animaux sont “nourris sans OGM”. Sauf que ce n’est pas encore obligatoire, et que les producteurs sont encore très peu nombreux à utiliser cet étiquetage.

–  0,9% ce n’est pas 0,00%. En général, lorsqu’un consommateur veut éviter les OGM on lui dit : mange bio, c’est garanti sans OGM ! En effet, conformément au Règlement européen de l’agriculture biologique (RCE 834/2007 article 9.1), l’utilisation d’OGM est interdite en production biologique. Ainsi, il suffirait de n’acheter que des produits bio pour éviter les OGM (ou éviter les produits bio pour se nourrir d’OGM, faisons dans l’ironie). Sauf que ce règlement comporte un seuil de 0,9% en deçà duquel un produit n’est pas tenu d’être étiqueté OGM. Si ce produit contient des OGM à hauteur de 0,1 à 0,9%, une enquête est effectuée par l’organisme de certification Ecocert pour déterminer si c’est un ajout volontaire ou non. En cas de “présence fortuite et techniquement inévitable” d’OGM dans un produit bio, c’est bien souvent la faute au champ voisin, alors ne blâmons pas les produits bio contaminés à leur insu, mais plutôt les hectares de champs OGM. A ce propos, il est intéressant de consulter le registre officiel des parcelles OGM en France, et de constater que les agriculteurs bio des Midi Pyrénées ont du soucis à se faire.

–  Selon Greenpeace, seule une trentaine de produits alimentaires sur 80 000 commercialisés en France sont étiquetés “OGM”. Les industries alimentaires parviennent donc à dissimuler moins de 1% d’OGM dans des milliers de produits, sans que cela ne soit étiqueté. A l’insu du consommateur. Mais le résultat n’est-il finalement pas plus grave? Le consommateur se retrouve dupé, il croit ne pas consommer d’OGM mais en consomme en réalité de nombreuses minuscules quantités.

Alors voilà. On nous bombarde de directives et autres textes législatifs pour nous convaincre que l’Europe et la France sont un paradis pour ceux qui ne veulent pas d’OGM dans leur assiette. Cela fait maintenant presque 20 ans que les premiers OGM ont vu le jour en agriculture. Seulement quelques années que des décisions sont prises pour réguler ce marché juteux. Tout le monde, même les pires opposants aux OGM, en ont ingurgités, et continuent d’en ingurgiter chaque jour. Tant bien même l’on radicaliserait les mesures à un seuil limité à 0,00% pour l’agriculture biologique, ce serait trop tard car il a été démontré que certains champs non-OGM avaient été contaminé par des champs OGM. Beaucoup de pro-OGM nient encore cet argument, alors même que l’ANSES déclare qu’elle “a été la première à révéler l’existence de contaminations fortuites de semences conventionnelles par des OGM, ouvrant ainsi la réflexion aux niveaux national et européen sur ce point sensible”.  Que l’on soit pour ou contre la culture d’OGM (70% des Européens sont contre, selon la Commission Européenne), de telles pratiques ne devraient pas avoir lieu aujourd’hui. Les OGM doivent rester une affaire de choix. Que ceux qui veulent en manger en mangent, et que ceux qui refusent d’en manger puissent également ne pas en manger. Pas même 0,01%. Pour cela, il faudra investir dans la recherche, trouver des méthodes pour éviter la contamination des champs voisins (qu’ils fassent pousser du maïs transgénique arrosé de pesticides sur les tours hautes de 700m à Dubaï, et laissent les sols de la Terre tels qu’ils étaient avant que l’Homme ne s’en mêle), et surtout, que l’on renforce l’information au consommateur par un étiquetage et un suivi des cultures OGM plus efficace et transparent.

Hier, en Inde, on protestait contre la main-mise de Monsanto sur l’agriculture:

Photo de Leaf Initiative

Vous pouvez m’aider à compléter cet article, il existe sûrement beaucoup d’autres faiblesses concernant l’information sur les OGM!

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Discussion

Une réflexion sur “Etiquetage OGM en France: la grande arnaque

  1. a voir ce document sur youtube:
    le monde selon monsanto

    Publié par richard | 16 août 2011, 23 h 09 min

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